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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 12:47

 

Quelques images animées d'une partie de notre périple du mois d'avril sur  et sous les massifs calcaires de l'île de SAMAR.

 

 

 

Un grand merci à Rocki pour sa disponibilité, sa patience et son aide pour le montage de ces images.

M@rcel

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 21:39

Je (Marcel) reprends la plume après quelques mois de silence.

 

14 Avril 2013
Debout à 6h00, nous bouclons les sacs, faisons nos adieux à la famille de Rhine et embarquons dans un nouveau Van a destination de CATBALOGAN.  Il nous faudra subir toute une longue journée de transports avant de poser nos sacs au « Summer garden » où nous commençons à avoir nos habitudes. Daryl nous demande s’il peut nous accompagner dans la suite de nos aventures. Même s’il n’a pas d’expérience spéléologique, c’est un « montagnard » qui a baroudé et gravit de nombreux sommets dans l’archipel. Joni accepte de lui prêter un équipement spéléo complet et nous serons donc quatre à nous rendre à San jose de Buan pour tenter d’accéder à ce secteur qui nous a toujours été interdit à cause de la présence de la Guérilla.

 

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17 Avril 2013.
Après 2 jours de préparatifs, les sacs sont chargés sur le toit du bus qui nous emporte sur la piste défoncée qui, passant par CALAPI, où nous avions été stoppés en 1995, se poursuit, en se dégradant à chaque nouveau kilomètre vers San Jose de Buan. Je pèse les paroles rassurantes de Joni - « Il n’y a plus de problèmes à SJdB. ». Nous verrons si c’est bien le cas…. Le bus nous dépose devant la mairie. Nous devons faire le parcours administratif le plus rapidement possible et trouver des porteurs. Nous sommes bien rodés maintenant : Les militaires enregistrent notre présence. Le maire, en pleine campagne électorale, nous fait signer le livre des visiteurs. L’officier de police prend nos coordonnées. Une certaine tension est palpable mais personne ne nous empêche de continuer. ZAR connait un guide local. Il nous reste un peu plus de deux heures de jour pour rallier le village de San Nicholas qui est notre destination finale.Dés la sortie de la ville, le chemin grimpe brusquement pour atteindre un plateau que nous traversons. Au loin le Karst découpe ses tourelles sur le ciel qui s'embrase avec le coucher du soleil.

 

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Il fait nuit noire lorsque nous y arrivons. La nuit tombe rapidement à cette latitude. Le village est  tassé dans la boucle d’un méandre de la Bianca Aurora à une dizaine de kilomètres en amont de SULPAN PINIPISAKAN exploré en 1991. Nous emménageons chez la « Barangay Captain ».Beaucoup de monde défile dans la soirée pour voir ces drôles de visiteurs que nous sommes. ZAR et DARYL expliquent nos objectifs : Explorer des grottes… Ça discute ferme… Il y en a ! Mais personne n’est disponible pour nous accompagner malgré le salaire proposé.

 

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18 avril 2013 :

La discussion a duré jusqu’à très tard dans la nuit. Au petit matin, finalement, nous avons un volontaire pour nous guider vers une cavité toute proche. Nous ne boudons pas notre plaisir et  le suivons à travers les collines brulées qui entourent de village. La forêt primitive n’est qu’un vague souvenir calciné. De petits groupes de villageois taillent coupent, plantent, récoltent bambous, bananiers, cocotiers, manioc, patate douce. Nous pénétrons enfin sous la fraicheur du couvert végétal pour grimper vers une pyramide de calcaire bien visible. Un large porche s’ouvre à son sommet. Catherine trouve un passage entre deux blocs et débouche… de l’autre côté de la colline.

 

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Qu’à cela ne tienne, notre guide connait une autre cavité avec une rivière  à l’intérieur. Après de nombreux détours, force est de constater que nous sommes revenus sur nos pas sans le vouloir. L’après-midi est déjà bien entamé. Nous rentrons au village. Notre présence attire beaucoup de monde autour dela maison. Il y a foule toute la soirée. Nous essayons de négocier un guide vers d’autres cavités signalées qui nous semblent très intéressantes mais nous buttons toujours sur le même refus poli. Nous profitons de la soirée pour répondre aux questions de nos hôtes sur nos activités souterraines et parler technique avec ZAR et DARRYL (nœuds, techniques de réchappe, sécurité).

 

 

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19 avril 2013 :

Nous changeons de guide et partons vers cette fameuse grotte avec rivière…. Après une paire d’heure de marche, nous arrivons dans un fond de vallon où courent les nombreux méandres d’une petite rivière. Nous débouchons dans une sorte de « fin du monde ». Nous escaladons un  premier ressaut et notre guide nous montre une minuscule ouverture entre des blocs. Tout ça pour ça ? Zar et Daryl s’y faufilent. Je pose mon sac et prépare mon casque sans enthousiasme. Ils ne reviennent pas. Je les suis. A quatre pattes, puis à plat ventre. Quelques belles araignées, des criquets mais surtout un fort courant d’air qui indique à coup sûr une autre entrée. Je ressors. Je fais comprendre à notre guide qu’il doit y avoir une autre entrée. Il me désigne un point 50 mètres plus haut. Nos camarades ressortent tout crottés. Ce n’est pas large…. Nous grimpons jusqu’à un petit porche qui surplombe une salle concrétionnée.

 

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Une courte désescalade permet de rejoindre la galerie entrevue précédemment en évitant les étroitures. Nous topographions 300 de petites galeries hébergeant une colonie de chauves-souris pour nous arrêter sur un passage aquatique peu engageant.

 

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En redescendant dans le vallon nous trouvons, toute proche, la résurgence impénétrable qui correspond à l’aval notre cavité. Retour au village. Malgré notre insistance, nous ne trouvons pas de guide pour poursuivre nos recherches les jours suivants. Nous décidons donc de lever le camp dès le lendemain et de rentrer vers Catbalogan. La maison est toujours envahie et entourée de curieux qui viennent, tour à tour, discuter, jouer un morceau de guitare, fumer une cigarette avec nous. Puis, étrangement, la maison est barricadée et c’est extinction des feux.

 

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20 Avril 2013.

Nous faisons nos adieux à nos hôtes. Nous partageons avec nos guides nos provisions désormais inutiles et prenons la route de San Jose de Buan sous un soleil de plomb. Sacré bavante ! Nous arrivons juste pour sauter dans le bus qui part vers Catbalogan. Le chauffeur stoppe quelques minutes devant le camp militaire pour nous permettre de signaler notre départ. Arrivé à Catbalogan, nous trouvons Sherwin chez Joni. Il est aux anges. Il vient de passer 3 jours à essayer de nous laisser des SMS pour nous prévenir de combats entre guérilla et armée dans le secteur de San Nicholas : 2 soldats tués le 18/04,  3 rebelles tués le 19/04. Cela met instantanément en perspective les refus de nous accompagner en forêt, la présence constante de nombreuses personnes autour de la maison et le black-out du dernier soir. Nous avons pris la bonne décision mais surtout nous avons maintenant de bons contacts pour une prochaine tentative en 2015. Il nous reste une poignée de jours et beaucoup trop de projets pour tout faire….

 

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22 Avril 2013.

Après une courte journée de repos relatif, nous laissons Joni et un couple de hollandais à Jabongpour une promenade tariffée dans LOBO CAVE. Nous poursuivons notre route pour reprendre l’exploration de Ka-bito-han que nous avions commencée en 2009 avec Laurent JOVET. Nous nous présentons au Barangay Captain en plein milieu de la fête annuelle du village. Après quelques palabres et une petite collation festive, il nous affecte un guide local, hélas déjà dans un état d’ébriété avancé. Il nous accompagne vers une cavité qui n’est pas du tout celle escomptée. C’est une belle entrée où plonge un ruisseau. Ce puits de 15 mètres sera parfait pour une séance d’initiation à la progression sur corde. Nous nous équipons pendant que notre guide ronfle bruyamment au pied d’un arbre. D’après notre accompagnateur, Joni y est déjà descendu et il serait ressorti plus loin dans la foret. En fait c’est un simple puits-faille au fond complètement colmaté. L’eau se perd entre les blocs. Zar et Darryl suivent nos démonstrations et c’est ensuite leur tour de  s’essayer à toute sortes de manœuvres : descente, remontée, passage de nœud et décrochage. Le temps passe vite et il nous faut repartir. Nous écourtons aussi poliment que possible notre traversée du village et piquons un sprint jusqu’à la route (ça descend !) pour être sûr  d’attraper le dernier bus.

 

 


 

 

 

 

23 Avril 2013

Joni nous a proposé la descente d’un canyon qui arrive dans Catbalogan. Après quelques minutes de tricycle nous sommes sur un sentier qui suit la conduite qui alimente en eau la ville de Catbalogan. Nous longeons la rivière et apercevons les cascades qui ponctuent son parcours. Nous nous équipons devant le petit barrage ou démarre la canalisation. Joni a déjà accompagné des clients dans ce canyon mais il y a peu d’eau cette fois-ci et sa couleur n’incite pas à boire la tasse (penser à fermer la bouche en sautant !). C’est surtout l’occasion de rabâcher les consignes de sécurité minimum : rappel débrayable, reconnaissance systématique des vasques avant de sauter, casques et gilets obligatoires,…). A la dernière vasque, Joni, malgré nos recommandations, veut sauter. Impossible de le dissuader ! Il ressort en grimaçant de la vasque. C’est son second saut dans cette cascade et sa deuxième entorse. Il confirme nos doutes, et, espérons-le, les siens : Ne pas sauter à cet endroit ! Nous faisons un atelier secours : Strap / civière improvisée. Il finit la marche de retour à cloche-pied et tout blême !

 

 


 

 

 

 

25 Avril 2013

L’entorse de Joni est immobilisée. Toutes les bonnes choses ont une fin. Nous répartissons entre JONI et ZAR le lot de matériel spéléo (2 sherpas,+ 2 matos complets +  2 combinaisons + 2 casques + 60m de Kordass ) ainsi qu'un ordinateur portable - don d'IT-CE. Départ de Catbalogan. Il nous reste une petite semaine pour nous reposer de nos aventures avant de rentrer en France.

 

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27 Avril 2013

Cap sur Palawan et sa fameuse « Saint PAUL underground river ». Nous y ferons une courte incursion parmi les hordes de touristes mais une infection au coude, contracté certainement dans l’eau du canyon de Catbalogan, me vaut une bonne fièvre, et un énorme abcès au coude qui nécessitera une petite chirurgie à Puerto Princessa.

 

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03 Mai 2013 – Retour à Manille
05 Mai 2013 – Arrivée à Marseille à 23h00 - Reprise du boulot le lendemain à 8h00.

 

En conclusion : Encore une belle aventure humaine et spéléologique. Une grotte qui nous attend pour nous livrer de nouvelles découvertes. Un nouveau secteur entraperçu qui reste à explorer. Des contacts avec d'autres spéléos francais et italiens pour des projets d'explorations communs sur l'ile de SAMAR.

 

Quelques volontaires varois se sont déjà manifestés pour se joindre à nous la prochaine fois. N'hésitez pas à nous contacter

 

VIVEMENT 2015

 

K@tee et M@rcel

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 11:48

Quelques images supplementaires issues des rushs tournés lors de notre derniere expédition aux Philippines et montées par Joni et Zar.

 

Mettez la musique à fond et plongez dans l'aventure :

 

 

 

M@rcel

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:40

15 avril 2013

 

Enfin quelques moments de pause depuis notre départ le 30 Mars.

Après de longues heures de voyage dont 5 heures d’attente dans un froid polaire dans l’aéroport de Pekin et une très courte nuit à Manille, nous débarquons le 1er avril 13 :00 à TACLOBAN.

Joni, Rhine et Zar nous y attendent. Ils nous font la surprise en déployant une grande banderole de bienvenue.

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Pourtant, dès le lendemain nous quittons Joni et Rhine et accompagnés de Zar, nous prenons la direction de BORONGAN. Nous y rejoignons Bam-Bam, un ami de Zar qui complètera notre équipe. Un tour au marché et nous passons directement à l’étape suivante : LIBAS pour une courte nuit. Nous y étudions la carte avec un ancien géomètre qui traçait les pistes utilisées dans les années 70 pour l’extraction des bois précieux.

 

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 Le jour suivant, nous chargeons le matériel et les vivres sur un Tricycle pour aller jusqu’au bout de la route carrossable à POTONG. Zar a déjà négocié 3 porteurs (Mac-Mac, Pototoy et Jodico) pour nous aider à déplacer notre tas de sac jusqu’à l’entrée de la grotte qui motive notre venue dans ces contrées : MAWOYOG, où, si l’on en croit nos informateurs de 2011, une grande entrée donne accès à une rivière qui traverse la montagne.

 

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Nous marchons 5 heures depuis POTONG, passant par PALO UNO, pour finalement arriver devant l’entrée de MAWOYOG. Nous installons un bivouac en hauteur sur une berge. La rivière a un bon débit et s’engouffre bruyamment sous le porche. Le temps est à la pluie. Ambiance !

 

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Les hamacs tendus sous nos bâches, la pluie peut tomber. Et elle tombe drue. Tout le camp se transforme en bourbier. La rivière en contrebas gronde plus fort dans la nuit. Les grenouilles chantent leur joie. Longue nuit sans sommeil….

 

Le lendemain, nous préférons attendre que le niveau baisse, mais la pluie s’invite par intermittence. En amont du porche, nous explorons une galerie sèche qui héberge une petite colonie de BALINGSASAYAO – hirondelles cavernicoles dont les nids sont appréciés dans la cuisine chinoise – et nous faisons une courte pointe dans le canyon souterrain. Ca a vraiment l’air humide comme exploration….et il pleut toujours…

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Il pleut une bonne partie de la nuit et au matin, le temps est mitigé. Notre enthousiasme est bien entamé. Nous attendons midi. Le niveau de la rivière semble stable. Nous nous autorisons une pointe dans le canyon et relevons environ 200 mètres de topographie. Une deuxième entrée permet d’échapper éventuellement au tout premier encaissement et nous trouvons une salle perchée en rive gauche. Nous stoppons devant une étroiture (50x50cm) au dessus d’une cascade qui nécessite un équipement.

Quelques chauves-souris nous accompagnent vers la sortie. Toute la panoplie de la faune cavernicole est présente dont de beaux specimens d'amblyopiges.

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Enfin Le lendemain matin, le ciel est bleu. Le niveau de la rivière a légèrement baissé. Nous nous équipons lentement en jetant des regards pleins d’espoir vers le ciel. Mais à peine arrivés sous le porche, le tonnerre résonne dans le lointain. Bam-Bam n’a pas d’équipement pour les verticales et nous accompagne jusqu’à la première cascade. Nous équipons rapidement 2 cascades qui s’enchaînent et parcourons environ 300 mètres de canyon (3m x 8m). C’est une magnifique succession de marmites avec quelques affluents. Nous équipons plusieurs petits ressauts anticipants d’éventuelles difficultés si le niveau venait à monter de quelques centimètres.
 
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Le canyon débouche dans une belle salle et le profil de la cavité s’inverse pour laisser la rivière s’écouler tranquillement dans un tunnel de 8m sur 3m. Deux énormes anguilles gardent les premières vasques. Nous parcourrons environs 600 mètres avant de commencer à remonter en faisant la topo. Au bout de quelques mesures, nous remarquons que l’eau n’est plus aussi claire qu’à l’aller. Le doute s’installe quand nous prenons conscience que nous nageons dans un passage où nous avions pied précédemment. Nous abandonnons la topo en arrivant au Canyon. Le niveau de l’eau est un peu supérieur et, dès la première cascade, Cathy a un peu de mal à remonter malgré le bout de dyneema que nous avions laissé en place. Finalement, au fur et à mesure que nous remontons, la progression devient de plus en plus facile. A l’aller, nous étions passés sous une voûte mouillante avec 40cm de revanche. Elle est maintenant complètement fermée. Heureusement nous avions vérifié qu’il y avait un shunt possible.

 

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Pendant notre exploration, il y a eu un gros orage et, en 10 minutes, le niveau de la rivière est monté de 10 à 15 cm. Bam-Bam, qui nous attendait à la première cascade, est ressorti affolé. Mais que faire à part attendre ??? Le niveau est finalement redescendu en quelques heures sans nous poser trop de soucis. Cathy nous fait une dernière émotion en déséquipant une cascade. Je vois sa lumière disparaître brusquement. Elle a glissé et se retrouve sous la chute. Zar et moi essayons de l’écarter de l’eau mais nous devons couper la corde pour la libérer rapidement. Je rééquipe pour récupérer Cathy qui flotte tranquillement dans sa vasque en nous remerciant pour notre réactivité.

 

Il ne nous reste plus qu’à ressortir, bien fatigués par toutes ses aventures et toutes ces émotions.

 

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Le lendemain, le temps est couvert, mais notre première expérience nous laisse optimiste. Nous n’irons qu’au bout du canyon pour finir la topo. En quelques heures nous bouclons les mesures et ressortons. Il n’a finalement pas plu. C’est malheureusement notre dernière exploration.

 

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Après une courte nuit nous rentrons vers POTONG et BORONGAN où nous faisons nos adieux à nos nouveaux amis. Rendez-vous en 2015 pour la suite des explorations de MAWOYOG !

 

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09 avril 2013

A peine sortis de la foret, nous fonçons a BORONGAN pour une dernière soirée dans la famille de Zar. Nous réglons le réveil à 2h30 pour une longue journée de transports : Borongan-Catbalogan puis Catbalogan Tacloban et enfin Tacloban-Biliran soit environ 15 heures de bus. Mais c’est pour la bonne cause puisque le lendemain Joni épouse en grandes pompes Rhine. Pour l’occasion, Joni a loué pour nous des costumes de cérémonie. On est beaux comme des astres ! (voir plus bas le texte de Cathy)

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Tout est réglé au millimètre : Cérémonie, soirée et excursion le lendemain sur l’île de SAMPAWAN, petit rocher paradisiaque à 1 heure de bateau de NAVAL. Gare aux coups de soleil !

 

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12 avril 2013

De nombreux amis de Joni et Rhine sont au rendez-vous : Jeandra, Rhea, Darryl, Rayan, Sarah, Zar. Une nouvelle excursion est prévue : Une randonnée jusqu’au sommet de la montagne TRES MARIA suivie de la descente du canyon de SAMPAO. Joni a ouvert le canyon avec ZAR. Ses camarades n’ont jamais goûté au canyonning, ni même au rappel pour Jeandra. Nous chargeons tout le matos sur un Van et c’est parti !

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Une première étape de 4 heures de marche nous emmène près du sommet des TRES MARIA. Il fait largement nuit lorsque notre équipe et ses 3 porteurs montons le campement. Nous mangeons rapidement et nous essayons de dormir quelques heures. A 4h30, branle-bas de combat, pour monter au sommet et contempler le lever du jour. La marche, à jeun, même sans sac est épuisante. Mais la forêt environnante est fabuleuse.

 

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Le sentier serpente entre les fougères arborescentes et les arbres sont recouverts de mousses géantes. Nous marchons sur un tapis végétal de racines et de mousse. Nous arrivons au sommet bien après le lever du jour, mais le spectacle est fabuleux. Nous sommes dans un épais brouillard qui vaporise sur nos visages des bouffées de gouttes d’eau fraîche. Un grand coup de vent supplémentaire dégage le ciel.  Nous sommes au dessus d’une mer de nuages. Au loin nous apercevons des îles ( SAMAR ?). En dessous de nous un des trois sommets des TRES MARIA. Perchés sur nos arbres, chacun laisse éclater sa joie. L’éclaircie ne dure que quelques minutes et le brouillard reprend ses droits. Et puis il faut bien redescendre vers le camp. La journée est loin d’être finie…

 

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La prochaine étape est la descente du canyon. J’étrenne pour l’occasion la fixation de casque de la GOPRO  –  cadeau pour mes 50 ans. Je vais essayer de me souvenir des conseils de Denis. 

 

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Après une bonne heure de marche supplémentaire, nous voilà au pied d’une magnifique cascade de 30 mètres environ, recouverte de végétation.

 

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Ma montre affiche l’altitude de 840m. Nous nous équipons rapidement et attaquons par 200m de marche entre les blocs avant d’atteindre le premier obstacle une belle cascade de 8m. J’explique à Zar la mise en place d’un rappel débrayable et je descends assurer nos camarades.

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Nous sommes 9 dont 5 quasi-débutants. Le rappel de 8 mètres prend beaucoup de temps. L’eau finit par être bien fraîche malgré la souris et il y a encore beaucoup de chemin à faire.

 

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Cependant, Cathy prend à coeur de relever la topo du canyon : 250 mètres de marche en rivière de plus, puis des toboggans et des ressauts, puis encore de longues marches entrecoupées de bassins profonds.

 

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Nous retrouvons les porteurs à un échappatoire. Jeandra déclare forfait et repart avec eux. Nous continuons avec un joli saut de 5m dans une grande vasque puis une nouvelle cascade. Cathy est obligée de remonter décoincer le rappel. Il commence à se faire tard et le froid gagne un peu à chaque nouvelle immersion.

 

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Nous pénétrons dans un bel encaissement et enchaînons plusieurs ressauts. Enfin, un rappel de 8m (saut certainement possible) nous permet d’atteindre une cascade de 35 mètres qui marquera la fin de notre descente.

 

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Tout le monde est heureux d’avoir parcouru ce beau canyon. L’altitude affichée est de 600m. En fait, nous  n’en avons fait que la moitié. Le chemin du retour surplombe un nouvel encaissement et il y a encore au moins une cascade de 10 et une de 40 mètres à descendre. Mais il nous faudrait encore plusieurs heures de jour devant nous et il est déjà 17h00. La nuit tombe à 18h30. Nous avons juste le temps d’atteindre le village de SAMPAO où nous attend le Van.

 

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14 Avril 2013

Debout à 6h00, nous bouclons les sacs, faisons nos adieux à la famille de Rhine et embarquons dans un nouveau Van a destination de CATBALOGAN ou nous attendent de nouvelles aventures.  

 

A suivre…

 

Mais en attendant je laisse ma plume à Cathy.

 

Un mariage traditionnel philippin

 

Aujourd’hui je ne vais pas vous faire part de ma fascination pour ces hommes qui marchent pieds nus dans la jungle dont les empreintes s’appellent « Huplag », mais d’un stress peu ordinaire.

 

Extrem caving, extrem canyoning, extrem wedding

 
La peur des serpents en allant chercher un petit coin dans la forêt primitive, le temps de la réflexion du comment faire pour se dégager de dessous la cascade en légère crue, la gratouille due à l’éruption de boutons provoquer par la transpiration et l’humidité, le doute d’une météo stable, le constat d’une corde trop courte pour descendre une cascade de 30m, l’amortissement d’une chute sur l’index gauche…Tous ces petits moments de désagréments semblent bien ridicules face à la peur du regard de l’autre.

 

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Avant la première semaine à Mawayog, nous faisons les emplettes pour le mariage de Joni et de Rhine. Marcel trouve un beau pantalon noir et je suis accompagnée par Rhine pour acheter une paire de chaussure. Elle m’en choisit une avec 10cm de talon, je les teste pour lui faire plaisir mais je ne prends pas le risque de compromettre l’expédition, j’opte pour 5cm couleur or. Ouf ! Je m’en suis bien sortie. Mais l’aventure continue… 10jours plus tard… Pour arriver dans les temps, nous nous levons à 2h30 du matin pour prendre le bus à Borangang. A peine arrivés à Naval, sur l’île de Biliran, après 12 heures de voyage, essayage pour tout le monde des barongs (chemises en fibres de feuille d’ananas) pour les hommes et des robes d’honneur pour les femmes… douloureux constat, je ne peux pas rentrer les hanches dans une robe longue et je lance un « help ! help ! » à une âme généreuse pour me sortir de ces froufrous… Nous ne sommes pas câblées pareil les philippines et moi. Une femme prend mes mensurations et le soir même je réessaye la robe qui tombe impeccable. J’embarque la robe et le petit boléro que je perds sur la plage de sable de l’hôtel et récupère à l’aide d’une frontale. Le lendemain, j’espère échapper à la séance de maquillage qui commence à partir 9heures et accompagne Marcel à 14h00 dans la salle de hommes, tous endimanchés d’un pantalon noirs et d’un barong crème. Joni est un joli marié et semble préoccupé. Il se prépare à dire oui. Son maquillage le fait ressembler à un japonais. Ce monde ne m’appartient pas et je dois retrouver le clan des femmes dans un autre hôtel 300mètres plus loin où aura lieu la cérémonie. J’hallucine lorsque j’atteins le sommet de la petite colline. 

 

 

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Je me retrouve dans un site féerique, chapeauté de draperies blanches et vertes, de tables fleuries aux nappes sophistiquées dignes des séries TV américaines, la table des mariés sous un arche de fleurs blanches, encadrée de la table des sponsors hommes et de la table des sponsors femmes, sous le regard des futurs mariés éternisés sur une pancarte avec vue imprenable sur la plage de sable fin ombrée de cocotiers. 200 convives sont attendus car tout le village de Rhine est invité. Je rejoins mes compagnes dans la petite salle où elles sont entassées depuis le début de la journée. Je ne reconnais personne, me serai-je trompée ? Elles sont toutes habillées de vert et de jaune. Tiens ! Mais ce visage, je le reconnais, c’est celui de Anne, la petite amie de Zaar. Et celui-ci, c’est Jeandra la chanteuse et dans la psyché c’est Rhéa (qui détient d’ailleurs le record des plus hauts talons que j’estime à 12 cm de haut). La métamorphose par le maquillage est impressionnante même Sarah l’australienne est transformée, elles sont toutes belles et pourraient postulées pour Miss Philippines.  J’enfile la robe et curieuse, entre dans la loge de la future mariée. Mal m’en a pris car je ne peux échapper à la détermination du manager de cérémonie et ne peux résister au charmant sourire de Rhine qui, à mes yeux, gagne le prix de Miss Univers. Je me retrouve assise sur une chaise, le maquilleur devant moi, armé d’une lame de rasoir qui m’épile les sourcils et les rehausse d’un trait de crayon marron. Le pinceau est censé me donner des couleurs ainsi que le rose à lèvres parme qui sera vite balayé par un coup de langue. Le gel aplati le peu de volume de mes cheveux et me donne l’allure d’un pauvre caliméro en colère. Je peux vous assurer que sortir de cette pièce ainsi accoutrée fut le moment le plus stressant de ces derniers jours. Je me cache derrière l’appareil photo et commence une longue série de photos floues. 

 

 

 

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Il est 15H45. C’est l’heure pour Rhine de rejoindre son futur époux Joni. C’est l’heure où le monde des femmes rejoint le monde des hommes à l’église. Et c’est l’heure de la dernière épreuve, le regard de Marcel… Qu’il est beau dans ce joli costume ! Son joli sourire m’apaise. Nous rentrons tous les deux avec le cortége des sponsors dans une église somptueusement décorée de tissus blanc et de fleurs pour nous séparer encore, les hommes à droite, les femmes à gauche. Les mariés entrent dans l’église, au son de la chanson « I do » entonnée  par Jeandra, franchissant une haie de banderoles, de fleurs et de bougies, sous une gerbe de confettis. Et c’est parti pour une heure de protocoles, de symboles d’amour et de foi, de lectures et de prières, d’offrandes à l’église, de l’union de nos deux amis et d’une dernière petite épreuve, la signature des sponsors qui servent de témoins aux mariés. Il règne une ambiance magique qui pourrait justifier leur attrait pour l’église. Nos amis se retournent, unis, sublimes et s’embrassent comme dans un film américain. Je leur souhaite une vie commune aussi romantique que leur mariage. Nous finirons la soirée par un excellent buffet, des jeux et des danses et nous conclurons sous un air de coracha (danse traditionelle).
Quel rapport me direz-vous avec ce mariage et l’expédition, l’intérêt de ce texte dans un blog de spéléo ? Simplement vous faire connaître un événement, un mariage traditionnel philippin, partagé avec vous un moment de grande frayeur et vous faire connaître Joni qui est guide spéléo professionnel de l’île de Samar. Tous les gens réunis dans ce mariage, parents, intimes, amis ont fait de la spéléo avec Joni, nous étions entre spéléologues, initiés ou avertis. Tous connaissaient Lobo cave. D’ailleurs, Rosa qui adore faire de la spéléo et qui souhaite venir en France pour explorer des cavités m’a demandé quelle était la plus jolie ? Et vous, si vous deviez faire connaître la plus jolie grotte de France, laquelle choisiriez-vous ?  


 

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