Participants : Loïc, Julien, Catherine et Marcel
3eme session du cycle d'initiation lancé en début d'année.
Loïc a contracté le virus de la spéléo lors d'une sortie hivernale à Maramoye dans le cadre du PNR. Son ami Julien l'accompagne. Un troisième larron, blessé, a dû déclarer forfait. Nos deux autres padawans (Alix et Jean-Baptiste) ne sont pas disponibles.
La météo n'est pas fameuse en ce samedi. Pluie et neige sont annoncées. Le projet initial d'aller à la Castelette ne nous semble pas pertinent dans ces conditions. Nous choisissons une visite de la Ripelle par le Puits de loirs. C'est idéal pour une initiation à la verticale.
A 8h30, Cathy et Marcel récupèrent Loïc et Julien au local du club. Nous faisons connaissance en préparant le matériel. Loïc et Julien pratiquent entre autres, l'escalade et ont déjà fait du canyon. Cela devrait faciliter encore l'apprentissage de la spéléologie verticale.
Il ne pleut pas lorsque nous garons le véhicule dans l’épingle à cheveux au départ de la marche d'approche, mais la végétation dégouline. Julien et Loïc se chargent des sacs de cordes. Nous arrivons trempés devant l'entrée naturelle de la Ripelle. Il pleuviote et nous choisissons de nous équiper sous le porche. Marcel équipe la descente jusqu'au palier du 1er puits pour y stocker les sacs. C'est l'occasion pour Loïc et Julien qui le rejoignent de se familiariser avec le descendeur spéléo et les bloqueurs avant de s'engager dans le puits des loirs.
Après une courte hésitation, Marcel retrouve l'entrée artificielle de la Ripelle, ouverte en 1961 par le clan Scialet-Eole. Catherine s'y faufile, chargée des deux sacs de cordes préparés au local. La descente commence par une courte partie intime. Deux fractionnements coupent la descente jusqu'à une grande vire qui surplombe le puits des loirs. Loïc suit Cathy. Marcel prend la suite et Julien ferme la marche. Leur expérience de l'escalade est bien utile pour les manœuvres de longes et leur positionnement contre la roche durant le rappel. Le départ de la grande verticale est plus impressionnant. 30 mètres plus bas, la lumière de Catherine illumine la base du puits . Il faut se mettre dans le vide avant d'entamer la descente. La corde, sèche, couine en passant dans le descendeur. La spéléologie est bien l'activité qui donne le plus d'émotions. Mais rien n’arrêtera nos valeureux explorateurs.
Le sol et les parois sont très secs. L'eau de pluie n'est pas encore parvenue jusqu'ici. Le regard perçant de Julien a détecté sur la paroi une belle araignée que Marcel immortalise pour la commission Biospéléologie du CDS83. Un peu plus bas nous croiserons quelques petits papillons de l'espèce "Alucita hexadactila"
La descente se poursuit par un dernier ressaut fractionné et nous voilà réunis dans la courte galerie qui mène à la Salle du Lac. L’œil affuté par leur récente participation au stage photo organisé par le comité régional de spéléologie, Cathy et Marcel sont d'accord pour dire que la Ripelle ferait un excellent sujet de stage photo. On y voit des marmites d'érosion renversées au plafond, de grandes coulées stalagmitiques, de grands vides à éclairer. Avec notre malheureux APN compact nous ne pourrons pas rendre l'hommage qui serait dû à la beauté de cette cavité.
Nous poussons la visite jusqu'au sommet de la cascade pétrifiée. Loïc et Julien s'en mettent plein les yeux. Nous redescendons en tentant de prendre quelques photos, mais nous manquons cruellement d’éclairage.
Le retour vers la surface se fait par le même chemin. Loïc et Julien remontent les puits comme s'ils faisaient cela depuis des années. Cathy déséquipe derrière eux.
Il pleut bien lorsque nous sortons. Nous ne perdons pas de temps pour retourner à l'abri du porche naturel. L'ambiance est humide. On se croirait en Patagonie. Le haut des falaises au dessus de nos têtes et la face Nord du Coudon de l'autre coté de la vallée ont disparus dans d'épais nuages qui déversent un crachin froid et pénétrant.
Marcel rééquipe le puits pour aller récupérer les sacs. Nous enlevons juste nos harnais avant de prendre le chemin de retour vers la civilisation. Arrivés à la route, nous nous changeons rapidement sous l'abri précaire du hayon de la voiture et d'une bâche tendue en hâte.
Nous relâchons Loïc et Julien près de leur véhicule en nous donnant rendez-vous le plus tôt possible pour une autre séance.
M@rcel

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