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Résurgence du Bestouan, 14 Novembre 2010.
Rendez-vous à 9h00 au parking de la plage du Bestouan. C'est une magnifique journée qui s'annonce. Tempête de beau temps sur le port de CASSIS. Catherine et moi sommes inscrits à un stage d'initiation à la plongée souterraine organisé par la FFESSM et le CRPS.
Le fleuron de la plongée souterraine intergalactique (Gérald, MarcD, Michel, Kiki et Sylvain) s'est mobilisé pour encadrer une dizaine de stagiaires venus pour moitié de la plongée Mer et moite du milieu spéléologique.
Catherine déjà suivi un stage similaire il y a une vingtaine d'années en ARDECHE. Quant à moi, je n'ai pas remis un masque sous terre depuis ma tentative avortée de plongée au fond du gouffre du petit Saint-Cassien en 2006.
Un camion de bouteilles de plongées a été transporté jusqu'aux abord de la resurgence du Bestouan.
Un premier groupe suit une formation théorique sous la houlette de Michel pendant que le second se prépare à plonger dans les entrailles cassidaines.
Pierre (au premier plan), speleologues du GERSAM est descendu de son causse pour renouer avec une activité qu'il a pratiquée en des temps immemoriaux. Brice (à l'arriere) a la fougue de la jeunesse et le génome bien trempé.
Le Plongeur est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses palmes de géant l'empêchent de marcher.
Bardé de redondance et gonflé à bloc, Marc s'apprete à sauter à l'eau.
Kiki arnache Pierre à son scaphandre (et réciproquement) en lui faisant les dernieres recommandations (à Pierre, pas au scaphandre) : D'ont worry ! Be Happy !
Puis c'est au tour de Catherine qui plongera avec Marc.
Laissons parler Catherine :
"Une journée comme je les aime, un décor Ma..gni...fique, un soleil splendide, des stagiaires sympathiques et des spéléonautes à l'échelle humaine... Les instructeurs nous prennent totalement en charge de sorte que je déconnecte... tellement que j'en suis déconditionnée, du milieu spéléologique et du milieu aquatique... En réalité, pendant cette plongée, j'ai perdu tous mes repères et je suis restée dans un format encore plus petit que le format A4, le format du masque. Autant lors de l'unique plongée il y a quinze ans, j'avais été fascinée par la beauté du monde souterrain aquatique, de ses couleurs et de son ambiance autant pendant c'est deux jours, j'ai connu une série d'inconforts qui m'ont fait prendre conscience et connaissance du matériel. Avant même d'atteindre l'entrée de la cavité, je bois la tasse car la stab n'est pas trop gonflée et je manque de me noyer. L'occasion pour Marc de confirmer que la Méditerranée est salée. J'arrive essoufflée à l'entrée. Je descends les quelques mètres sans trop de difficulté car j'ai pris soin de ne mettre qu'une seule combinaison avec 5kilos de plomb. La visibilité est floue mais n'empêche pas de voir la chaine, j'entre dans la galerie basse. Je rampe et le raclement des bouteilles sur la paroi m'incite à m'aplatir un peu plus. Pourquoi, lorsque je respire par le détendeur, ce n'est pas de l'air qui m'arrive mais de l'eau? Heureusement, Marc stationne dans la première cloche et me répare le détendeur pendant que je reste accrochée à une concrétion. Le détendeur est à nouveau opérationnel, qu'à cela ne tienne, je prends l'autre. A mon tour de confirmer que l'eau du Bestouan est douce. Je passe devant et descend le puits de 20mètres. En bas, je m'équilibre et je me tracte sur la corde. L'eau du siphon n'est pas si claire mais j'aperçois les rondeurs de la paroi car la galerie fait 3 à 4 mètres de large. C'est beau ! La main courante est bien pratique car il y a un fort courant. J'avance sans trop palmer pour éviter de soulever des sédiments, l'occasion pour Marc de penser que j'avais des palmes pour enfant. La corde remonte au plafond puis redescend à mi-hauteur. Hélas ! je reste coincée en haut de la paroi et malgré tous mes efforts, purge et poumon-ballast je n'arrive pas à baisser de niveau. C'est Marc qui me rajoute deux kilos de plomb qui me permettent de reprendre le chemin. Mon masque est embué et plein d'eau car les bouteilles remontent le long du dos, rabaissent le casque qui appuie sur le masque. Comme j'ai mal interprété les consignes de Marc sur les échanges d'embout, je suis restée sur la même bouteille qui tout naturellement s'est vidée de son air et me déséquilibre. Je change d'embout. Quel horreur, je dois inspirer deux fois avant d'avoir l'impression d'obtenir de l'air. J'ai la désagréable impression de m'asphyxier. Heureusement, Marc décide de prendre le chemin du retour. Je ne sais même pas combien il me reste d'air dans les bouteilles. J'y vois de moins en moins et je ne pense même pas à regarder les étiquettes qui indiquent le nombre de mètre parcourus. Oh! mon Doudou ! J'attends pour lui laisser le temps de passer sans lâcher la corde mais finalement, Marc m'entraine pour continuer. Je palme, le retour est plus rapide grâce au courant. Soudain arrêt net. Heureusement ! J’ai réussi à garder l'embout dans la bouche. Je recule et récupère mon tuyau qui s'est coincé. Là, mon masque se remplit d'eau jusqu'aux yeux, je me noie. Heureusement, je repense à Nicolas qui nous apprenait à souffler par le nez et à lever la tête pour vider l'eau. Que c'est bon d'y voir et d'avoir le nez dans l'air. Déjà à la base du puits ! Je fais comprendre à Marc que je veux attacher la sous-cutale pour maintenir mes bouteilles en place. Je commence à monter mais j'entends un HUMMMMUMM! HUMMMUMM! Oui, c'est à quel sujet ? Visiblement, je monte trop vite et c'est main sur main que Marc m'autorise à monter. Je suis tellement hors temps que je ne pense pas à purger ma stab à mi-hauteur du puits (puisque de toute façon pour moi elle ne fonctionne pas) mais une main ferme surgit de "l'enfer" presse la purge, du coup, je me retrouve plomber et je monte nettement moins vite. En haut du puits, c'est toujours le flou artistique, mon masque toujours à demi vide ou à demi plein. Mais où est la sortie ? J'aperçois au loin un point lumineux. Toujours avec le ronron du détendeur, je m'oriente vers le ramping de la sortie. Soudain, Marc me bloque, bidouille mon casque et lorsque je repars, je suis dans le noir. Je me retourne vers lui pour signaler mon infortune, mais comme il ne bronche pas (normal puisque c'est intentionnel), je repars vers la sortie guidée par le rai de lumière. C'est au niveau de la chaine que je décide de remonter. Dehors, le décor est toujours Ma..gni...fique, un soleil splendide, des stagiaires sympathiques et des spéléonautes à l'échelle humaine... Je remercie Marc pour sa présence et son aide précieuse, car vous l'avez deviné, aujourd'hui, j'étais vraiment en VRAC !
Puis viendra mon tour... Pas de photos mais plein de souvenirs... Sylvain m'accompagne. Je parcours en surface les 100m qui nous séparent de l'entrée. je vérifie mes détendeurs, les manos. Le masque semble étanche (j'ai pris soin de raser le haut de ma moustache). Je purge la wings et coule comme une pierre. La corde est là . Je me tracte et pénètre dans la galerie. BONG ! Houlà ! Le plafond est bas ici. La galerie est intime et horizontale sur 30 mètres avant de déboucher au sommet d'un puits. Il faut se tirer sur la corde pour lutter contre le courant. Arrivé au sommet du puits, je décide de changer d'embout pour équilibrer le vidage des bouteilles.
PSHHITTTTT ! Le second détendeur fuse. Je remets le premier en bouche non sans avaler une bonne gorgée d’eau saumâtre. Sylvain m’indique la direction de la cloche. Nos deux têtes émergent :
- Avant de continuer je veux réessayer le changement d’embouts :
- OK !
Je me cramponne à la corde et tente à nouveau la manœuvre. Ca marche. On peut continuer. Je fais le signe « Tout va bien » et nous reprenons la progression. Nous nous laissons couler dans le puits. J’injecte une grande goulée d’air dans ma wings pour régler ma flottabilité et je m’engage dans la galerie. En quelques coups de palmes j’atteins mon terminus de 2006. Tout va bien. On continue. Un peu plus loin nous croisons Catherine et Marc qui sont sur le chemin du retour. Catherine a le masque presque plein et le regard mouillé. Serait-ce des larmes ? L’inquiétude m’envahie mais je sais qu’avec Marc comme cadre, elle est dans de bonnes mains. On continue. Bientôt l’eau devant moi est claire comme de la Vittel. Je profite pleinement de la visibilité jusqu’au bout des cordes fixes. A partir de 200m de l'entrée, la suite est équipée en fil clair tout simple. Ce sera notre point d’arrêt. Je rechange d’embout et me laisse emporter par le courant vers la sortie. Je pense à Catherine. J’ai beau me dire que tout va bien, je me surprends à palmer vigoureusement sans arriver à ralentir. Je décide de changer une nouvelle fois d'embout. Quelques secondes suffisent pour cette opération, pourtant je me retrouve collé au plafond, deux mètres au dessus de la corde que j'ai lâchée sans en avoir conscience. Je la récupère et reprend le chemin de la sortie. Soudain, la base du puits apparait dans le faisceau de mes lampes. Sylvain est juste derrière moi. La wings me porte vers la surface et je purge pour éviter de faire le bouchon de champagne. Enfin, nous voilà dans le boyau de sortie. Ca racle toujours autant au plafond. Je me colle au sol. Quelques mètres plus loin, la sortie offre une vision étrange : l’hallocline. L’eau saumâtre et l’eau de mer luttent en dansant pour se mélanger. Des volutes transparentes s’organisent sur un plan oblique en travers de la galerie. Je m’arrête quelques secondes pour profiter du spectacle avant d’émerger sous le soleil automnal. Nous nageons jusqu’à l’échelle. Whaou ! Super ! Vivement la prochaine !
Après le pique-nique, Kiki nous prodigue la formation théorique pendant que l’autre groupe effectue sa plongée. Puis il faut remonter tout le matériel vers la route. Même vides, les bouteilles sont lourdes. Le stock de matériel finit par envahir tout le trottoir sous l'œil étonné des passants.
Nous chargeons tous dans les camions de Kiki et Marc avant de nous séparer et rentrer chez nous. Certains en Kangoo, d'autres en Jaguar - La grande Classe...
Riviere souterraine de Port-Miou, 15 Novembre 2010.
Rendez-vous à 8h30 au parking de la plage du Bestouan. On prend les mêmes et on recommence. La Dream Team subaquatique s'enrichit de Bobo (qui fête aujourd'hui ses 50 ans) et de Marc R.
Kiki et Bobo se préparent à gonfler les bouteilles vidées hier et que nous utiliseront aujourd'hui.
Pendant ce temps, Michel reprend son cours théorique sur la plongée souterraine :
Sécurité + Sécurité + Sécurité = Plaisir et longévité
Il ne reste plus qu'à descendre jusqu'à la rivière de Port-Miou qui coule 45 mètres sous nos pieds. Un forage a été creusé dans les années 70 pour y construire un barrage. Le barrage n'ayant pas permis de séparer l'eau douce de l'eau de mer, le projet de captage est tombé à l'eau (saumâtre). Les installations sont restées en l'état et permettent l'accès aux plongeurs et aux scientifiques. Une volée d'échelles fixes pour les humains, une corde et une poulie pour le matériel.
Lorsque je me présente sur le barrage, Marc R m'attend déjà dans l'eau. Je le rejoins pendant que Cathy finit de se préparer. L'ambiance est complètement différente dans cette rivière. Autant la galerie avait taille humaine dans le Bestouan, autant ici les dimensions sont énormes. Il y a beaucoup de sédiments en suspension et il est difficile d'apercevoir la totalité de la galerie. Je suis Marc R jusqu'à environ 200 mètres du barrage puis nous faisons demi-tour. Ses phares et les miens conjuguent vainement leurs efforts pour illuminer la galerie. Nous sommes deux cosmonautes en apesanteur dans l'espace intersidéral. Chaque particule de sédiment reflète nos lumières. Je retarde au maximum le moment fatidique où la gravité reprendra tous ses droits.
Cathy est fin prête lorsque je foule lourdement l'escalier métallique qui remonte vers le sommet du barrage. Kiki va l'accompagner dans sa plongée.Plongée dense (courte mais pleine d'emotions). Au bouts de quelques 60 metres de progression un de ses embouts fuse et son masque se remplit d'eau. Kiki lui propse de renter au barrage et Catherine acquiesce sans hésiter. Il y trop de choses nouvelles à gérer et kiki nous l'a bien dit hier : Une inconnue à la fois !!!
Merci à
Jean-Pierre RIT pour cette derniere photo.
Et un grand Merci à toute l'équipe du CRPS qui a su préparer ce savant mélange de sérieux, de sécurité, de solidarité, d'amitié, d'enthousiasme pimenté de bonne humeur et nous a fait partager sa passion de l'exploration souterraine et non moins sous-marine.

Président :
KNECHT Denis

Secrétaire :
PASCOUET Jean-Claude

Trésorier :
PAUL Marcel
Vice Présidente :
BOURLON Patricia
Secrétaire adjoint :
GUY Jérôme
Pour nous contacter :
et bien!, ça déménage..., ça doit être une sacrée expérience!! putain.
félicitation, il faut continuer...
bises