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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 17:24

CAMP D'ETE

LE MARGUAREIS

27 juillet -  19 août 2007

 

 

 

27 Juillet. J’arrive avec Bastien et son cousin Joan au refuge spéléo du Club Martel, géré par Jo et Cathy Lamboglia. Une équipe de Belges termine son séjour en dégustant quelques « Ponnes Pierres Pelges Pien d’chez nous, une fois ! ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 28 Juillet, nous voilà dans la Conca delle Carsene. A une heure de marche du refuge, s’ouvre l’Abysso Beluga. Jo l’a repéré il y a 10 ans. Durant toutes ces années un névé bouchait l’entrée mais, réchauffement climatique aidant, cette année, toute la glace a disparu. Un puissant courant d’air glacé sourd de l’entrée pourtant vaste. Jo et le grand Pascal ont déjà effectué plusieurs séances d’agrandissement à -20m. Une dalle resiste, coincée en travers de la diaclase, et bloque le passage. Jo commence à travailler.

 

 

 

 

Dimanche 29 Juillet, pause détente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 30 juillet, retour à la Conca. J’accompagne Thierry – dit la Bête – dans une cavité voisine, Le trou à Merde, qui exhale lui aussi un violent courant d’air glacial. Après avoir agrandi une étroiture, à-20m, sous une trémie hideuse, je peux descendre quelques mètres supplémentaires. Mais, l’air semble venir d’une cheminée remontante encombrée de blocs  suspendus qu’aucune personne sensée n’osera jamais effleurer. Nous ressortons et je rejoins Jo dans le Beluga. Il me laisse sa place. Quelques coups de massette plus tard, je libère la dalle et purge suffisamment la diaclase pour pouvoir me glisser dans le puits qui y fait suite. J’équipe le puits et nous sommes rapidement au bas d’un superbe P30. Un vaste puits s’ouvre au Nord, défendu par d’autres blocs monstrueux coincés en équilibre au dessus de la verticale. La faille se pince au Sud, mais le courant d’air est toujours là. A nos pieds, gisent nombre d’ossements issus de carcasses diverses : Marmottes, Chamois, Cerf. Nous remontons en emportant un superbe trophée : un bois de cerf presque fossilisé que l’on pourra peut-être dater. Cela doit faire longtemps que ce genre de bestiaux ne s’aventure plus sur les pentes du Marguareis.

 

 

 

 

Mardi 31 Juillet, nous redescendons dans le Beluga. Je lève la topographie. Jo équipe le puits en prenant soin de passer au large des blocs instables.

 

 

 

 

Il remonte lorsque j’arrive au bas du P30. Ce second puits (P12), pourtant vaste, est complètement obstrué par un éboulis. Une lucarne nous nargue 15 mètres au dessus du point bas.

 

 

 

 

 4 Aout : Beluga : Une partie de l’équipe attaque l’élargissement de la faille Sud. La seconde moitié a pour objectif d’atteindre la lucarne à l’extrémité Nord de la Faille. Je commence l’escalade. Je pose 2 fixs et passe le relais à Jo qui enchaine à une cadence infernale les 10 mètres restant. Au sommet, la faille redescend presque jusqu’à la base du P12. Une étroite lucarne laisse passer la lumière. Il n’y a plus rien à voir de ce coté. Nous déséquipons et sortons. La suite, si elle existe est au Sud, en direction du Scarasson.

 

 

 

 

 

5 Aout : L’équipe s’engouffre dans la branche Sud de la cavité. A la base d’un ressaut (R5) une étroiture est élargie et donne sur un nouveau puits (P10) et une cheminée au sommet étroit et ventilé. Pendant les travaux, je grimpe au dessus du R5 et découvre un autre ressaut (R5). A son sommet, la faille continue et le courant d’air y est puissant et glacial. Nous ressortons en levant la topographie de l’ensemble.

 

 

 

 

 

6 Aout : Initiation au Penthotal : Bastien et son cousin Joan, étroitement encadrés par La bête et moi-même, suivent une équipe qui part vers les galeries de -100m. Ils s’arrêtent à -40 au sommet du P27 et remontent prestement. La bête nous quitte à la base du puits d’entrée et part rejoindre le premier groupe qui a continué sans nous sa progression dans les abimes du Penthotal .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07 Aout : Retour au Beluga.

 

 

 

 

L’exploration bute sur un étroit passage qu’il faut encore élargir. Le perforateur Ryobi à essence est entré en jeu. Le courant d’air est largement suffisant pour évacuer instantanément les gaz d’échappement. Après 50 pailles, le passage est ouvert. J’équipe un beau P30 (Puits de la bête au ryobi). Le fond est fermé mais, en remontant, je tente un pendule acrobatique et prend pied dans une lucarne à -15m. Une courte escalade me permet de déboucher dans une belle salle encombrée de blocs. Un P10 m’arrête. Le courant d’air est dilué dans cet espace. Ma lampe à led ne me permet pas de distinguer nettement le fond du puits. Je remonte en emportant peu d’espoir de continuation. J’imagine un puits similaire à celui qui termine la branche Nord de la faille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08 Aout : Il a plu toute la nuit. Au petit jour la chaleur ne nous chasse pas des tentes. Je pointe le nez au dehors. Tous les sommets sont blancs. Brrrrrrr !

 

 

 

 

Plus tard dans la journée, le soleil réchauffe nos carcasses. Les enfants s’entrainent à passer des fractionnements sur les blocs devant le refuge. Une équipe descend au Beluga et équipe le P10 (Puits de l’éperon). J’avais tord ! La faille continue ! Le courant d’air est toujours là, toujours aussi violent et toujours aussi froid ! Un nouveau P15 est descendu. Deux autres puits sont aperçus mais non explorés, faute de matériel.

 

 

 

 

  

09 Aout : Beluga. J’équipe le 1er puits qui recoupe la faille. Jo et Pascal me suivent. Le fond pince mais le courant d’air toujours aussi fort sort de plusieurs endroits. Il faudra revenir ici avec des moyens d’élargir, à moins que le second puits, au bout de la faille, ne permette de progresser significativement. Donc, on attaque l’élargissement du départ du second puits avec le peu de batteries qu’il nous reste.

 

 

 

 

10 Aout : Repos !

 

 

 

 

11 Aout : Beluga. Cathy et moi levons la topo de la base du puits de l’éperon jusqu’en bas du P25 exploré précédemment. Jo, Marc et Pascal cassent les dernières dents qui nous empêchent de passer à l’extrémité de la faille. Enfin, ça passe ! Jo équipe. On se retrouve tous en bas d’un vaste P45 qui se poursuit par 2 ressauts de 7 à 8 mètres. Jo équipe une main-courante pour éloigner la corde des blocs instables entassés à la base du puits. Une pierre roule – et n’amasse donc pas mousse - sous les pieds de Jo. En se rétablissant dans un sursaut, Jo arrache le fil du perforateur = fin de l’exploration pour aujourd’hui. On remonte le cœur battant et la topo dans la poche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12 Aout :

 

 

 

 

On a de la visite ! Et que du beau monde. : Michel SIFFRE, Richard MAIRE, François VALLA, et Johan. Ils composent le comité scientifique du CAF et sont venus pour étudier le glacier du Scarasson.

 

 

 

 

Nouvelle sortie initiation au PENTHOTAL avec les enfants. Cette fois jusque à -86, au sommet du puits de la papesse. Quelle aventure ! Joan, Romain et Bastien se débrouillent comme de vrais chefs et l’on aurait certainement pu aller faire un tour dans les galeries si la traversée au dessus du Puits de la Papesse n’était pas interdite par la présence de spéléos qui déséquipaient la verticale.

 

 

 

 

13 Aout : Expédition au Scarasson en compagnie des scientifiques. Johan n’a jamais pratiqué la spéléo sur cordes. Richard l’a rapidement initié hier devant le refuge. Richard le précède et je le suis. Comme les enfants la veille, il se débrouille comme un chef ! Arrivé sur le glacier, les flashes crépitent. J’aide Francois et Johan à descendre sur un coté du glacier. Ils le contournent et parviennent sur le toit du glacier, resté vierge jusque à aujourd’hui. Leurs lampes éclairent par transparence la masse glacée. C’est magnifique ! En redescendant ils nous expliquent que le sommet du glacier souterrain et recouvert de blocs et d’argile. Il n’y a plus d’apport de neige fraiche de puis longtemps. Le réchauffement climatique fait ici aussi son silencieux carnage. Richard et François, équipés de crampons descendent entre la glace et la roche dans le puits où était tombé un spéléo nancéen en 1989 (déjà ?). Le froid se jettent sur nous. Johan remonte, encadré par Jo et le grand Pascal. Je m’installe pour une attente peu confortable. J’entends Richard et François qui prennent moultes  photos en contrebas. Leur lumière joue avec la roche et la glace. Spectacle grandiose et glacial. Ils remontent enfin et je me jette sans plus attendre sur la corde pour me réchauffer. François se bat avec son croll à chaque fractionnement et avec son kit dans l’étroiture de -40. Nous finissons par sortir à la tombée de la nuit et rentrons tranquillement en discutant vers le refuge sous un magnifique ciel étoilé.

 

 

 

 

 

14 Aout : Repos et feu d’artifice le soir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 Aout : Beluga. Adrien et Jessica nous ont rejoints. Jessica et Adrien préfèrent s’arrêter au bas du P30. C’est sans doute une reprise un peu brutale pour Jessica, peu habituée aux étroitures et à l’équipement « première ». Le reste de l’équipe se rejoint au bas du P45 – Puits de l’anniversaire – découvert le jour de l’anniversaire de Marc (l’auvergnat) - que j’immortalise à l’aide de quelques ampoules rescapées des Philippines. Je reprends la topo avec Belingo. et Cathy. Pascal remonte au sommet du P45 pour récupérer des cordes. Je rejoins Jo et nous équipons encore environ 30 mètres de verticales. Ca pince ! Il faudra revenir avec de quoi élargir. Il y a au moins 3 départs à travailler – et toujours ce courant d’air monstrueux !

 16 Aout : Retour à la Valette

 17 Aout : un coup de fil de Cathy m’apprend qu’Adrien a été victime d’un accident dans le BELUGA. Le secours se met en place. Je tourne en rond une partie de l’après-midi, puis décide de remonter.

  

 

 

 

18 Aout : Arrivé à 1 heure du matin, Catherine Caullier et moi sommes chargés de guider une équipe sur le début du chemin vers le gouffre. A 3 heures, aucune autre équipe n’est prévue. Je me couche et suis réveillé à 7 heures par une clameur et des applaudissements. Adrien est dehors. Petit à petit les secouristes rejoignent le refuge.

 

On forme une équipe de français pour aller chercher une partie du matériel à l’entrée du trou. Après quelques libations bien méritées les italiens rentrent vers leurs pénates. J'ai la chance de rassembler sur le même photo les 4 figures mythiques du Marguareis : Giovanni Badino, Michel Siffre, Andréa Gobetti et Jo Lamboglia.

 Le refuge s’est vidé. C’est la dernière soirée pour nombre d’entre nous.

 

19 Aout : Deuxième Retour à la Valette.

 

Marcel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Aven Club Valettois - dans SPELEO
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