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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 21:40

En décembre dernier, j’ai participé avec Marcel et une quinzaine de spéléologues des différents clubs de la région Q à un stage « découverte » de la bio spéléologie organisé par le CDS 83 et encadré par des membres de la commission bio de la FFS, Josiane Lips, Bernard Lips, Christian Dodelin et Marcel Meyssonier.

C’était un aspect du monde souterrain complétement inconnu pour moi et ma connaissance se limitait à reconnaitre une araignée (8 pattes) un moustique (6 pattes) un spéléologue (4 pattes) et un Balingsasayaw , petite hirondelle troglophile des Philippines (2 pattes). Bref, vous l’aurez compris, j’étais complétement inculte en la matière.

Ce stage se déroulait sur un week-end, partagé en quatre étapes. La première étape se déroulait sur le terrain, une mine près de Mazaugues. Elle consistait à capturer de petits animaux dans des flacons en plastiques rempli d’alcool à 95% à l’aide d’un aspirateur entomologique, ou dans la macro d’un appareil photo.

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

La cadence était infernale, une demi-heure au mètre. Nous étions tous le nez sur la paroi ou accroupis à soulever de vielles souches ou détritus, à scruter une petite flaque d’eau, à puiser de l’eau, à voler des crottes de vers, à interpréter des empreintes de pattes (hélas ! je n’ai pas vu les empreintes des pattes (4) du renard) ... De temps en temps, l’écho soufflait : « Collembole, Diplopode, Chilopode, Coléoptère, Lépidoptère, Crustacés, … Plus tous les noms que je n’avais pas retenu tant la cavité était riche en bio diversité. Nous nous déplacions, tels des équipiers d’un voilier, gitant tantôt à gauche, tantôt à droite, avides de faire connaissance de ses petits êtres vivants, certains vraiment petits, 1 à 2mm, voir moins. Seuls les yeux des experts ici présents nous ont permis de profiter de tout cet environnement faunique.

Trois heures étaient passées, déjà ! Pour cette première partie, j’avoue que je n’avais pas été très coopérative dans la collecte des animaux car j’exprimais une certaine réticence à tuer nos amis les bêtes d’une cirrhose éthylique foudroyante. Mais je reconnais que grâce aux captures des autres participants, la deuxième partie de ce stage a été riche en découverte et en images.

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

Pour déterminer et répertorier les différentes espèces de cette cavité, nous étions installés dans le gîte « ferme pédagogique » de Belgentier. Les organisateurs n’avaient pas lésiné sur le matériel. Pratiquement tous les stagiaires avaient une loupe binoculaire, des soucoupes pour déposer leur butin, des aiguilles, des pinces, ... et une chaise. Les premiers moments furent un peu fastidieux car ce n’était pas évident de régler ces engins. Au premier contact, du blanc … flou, oui, flou. Au fur et à mesure de mes tentatives et de mes hasards ce blanc devenait de plus en plus net au point de voir la matière de la loupe et même des grains noirs. Mes doigts tournaient la coupelle. Soudain ce fut le suspens, j’avais l’impression d’apercevoir une antenne segmentée… Je continuais d’orienter la coupelle vers l’objectif … une deuxième antenne, une tête avec deux petits points noirs, un thorax avec des pattes, un abdomen avec une espèce de fil dessous… Six pattes ! Sans ailes ! Ah je savais, c’était un insecte aptère ! C’était mon petit Collembole que j’avais vu dans mon bouquin « Guide des insectes » Dr Wolfgang Dierl, Werner Ring, je me rappelais des « Puces des glaciers », petit collembole noir. Mais il y en avait aussi sous terre des Collemboles ???!!! Josiane précisa que le Collembole ne faisait plus parti du groupe des insectes, toujours du groupe des « Entognatha » devenu un groupe à part entière (Une information qui peut servir, -gnathe du grec ancien γ ν α ́ θ ο ς « gnathos » signifie mâchoires, soit pour les Entognatha : animaux dont les pièces buccales sont invisibles de l’extérieur)

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

Nous passions de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Et nous jouions parfois aux chaises musicales sans la musique, en tournant autour de la table, au fur et à mesure des découvertes de chacun pour regarder tantôt la trompe hélicoïdale d’un papillon, tantôt les deux cerques (appendices situées à l’extrémité de l’abdomen) d’un grillon, tantôt les haltères (organes dérivés des ailes nommés aussi balanciers) d’un moustique, tantôt la furca (organe ventral qui permet le saut) d’un Collembole, tantôt l’élytre (aile protectrice) du coléoptère, tantôt la transparence du crustacé aveugle le Niphargus, tantôt un œuf dans la turricule (pelote fécale de Lombric), tantôt les deux antennes pluri segmentées d’un Chilopode, espèce de mille-pattes (Tiens plus de 20 pattes celui-là !!!) etc.,… mais pour moi, le clou de cette collecte fut l’araignée sans yeux (voir photo). Toute cette belle population fut regroupée par familles, dénombrée et mise dans des petits tubes en plastique étanche puis étiquetée et insérée dans le répertoire de Josiane.

Cette deuxième partie nous avait pris toute l’après-midi. Ah oui ! J’ai oublié de préciser ! Il y avait une cinquième partie dans le stage qui ne suivait pas l’ordre chronologique mais qui était incontournable pour la cohésion du groupe.

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

Pendant que nous nous affairions au-dessus de nos loupes binoculaires, nos narines étaient alléchées par une bonne odeur de légumes épicés, car Laura, secondée par Zeitoune, nous préparait un excellent couscous, ingrédient indispensable à cette cinquième partie. Nous étions enthousiastes et bavards lorsque nous nous sommes installés autour de la table, après l’apéro bien sûr, pour savourer ce délicieux diner. Une chance, nous avions échappé au burger aux vers grillés…. Nous terminerons cette excellente journée par la projection du diaporama des photos prises sous terre et celles prises avec le téléphone de Marjorie Ughetto, notre naturaliste régionale.

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

La troisième partie se déroula une fois de plus sur le terrain, dans une cavité près de Mazaugues. Nous visitions les galeries à la recherche d’animaux. Certains étaient observés et prélevés pour être mis dans les petits tubes, d’autres étaient photographiés pour venir compléter la galerie. La particularité de cette séance fut l’utilisation du thermomètre pour comparer les différences de température entre les diverses galeries et observer la faune présente.

En dernière partie, Christian DODELIN projeta un diaporama de la commission FFS sur la vie des chauves-souris (Chiroptères), le comportement et la reconnaissance de ces petits mammifères volants (2 pattes). Il attira particulièrement notre attention sur leurs oreilles, leur forme et la place de leur tragus. Leur position permettait de les déterminer. Idem sur la posture caractéristique du Rhinolophes suspendu, qui s’entoure dans ses ailes l’hiver. Et la tache blanche du Grand Murin. Sa conclusion fût naturellement sur la protection des Chauves-souris en forme de mise en garde contre la surprotection par la fermeture des grottes qu’elles côtoient.

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

Cela m’a rappelé une petite anecdote qui s’étaient passée lors de notre expédition à Sulawesi en Indonésie, avec notre ami Jafar qui nous avait amené devant un puits de 20 mètres d’une cavité bien concrétionnée mais surtout habitée par une colonie de chauve-souris. Nos guides avaient mis une appétence particulière pour apprendre la technique de descente sur corde et nous avions vite compris pourquoi. A peine arrivés dans la jolie salle, ils se sont armés de bâtons et ont tapé dans le tas de chauve-souris qui prenaient la fuite. Nous, spéléologues français, étions tous déconfits… Ils avaient mis le même entrain à apprendre la remontée sur corde, pressés d’apporter leur butin à leur famille. Le soir, ils nous avaient gentiment proposé de partager leur festin mais ce fût par respect de l’éthique fédérale que nous avions refusé… (N’empêche que j’en aurais bien gouté un petit morceau, cela m’aurait changé des soupes chinoises). Ah ! Elles en ont de la chance, nos petites chauve-souris françaises, de ne pas avoir deux bâtons qui les attendent, à la tombée de la nuit, derrière les barreaux protecteurs de leur entrée de grotte ….

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

A la fin de ce stage nos intervenants offrir à chaque club le « guide des Cavernicoles »’de la Réserve Naturelle Régionale des Gorges du Gardon, (livre dans lequel nous retrouvions les espèces cavernicoles aperçus dans les cavités de Mazaugues) ainsi qu’un beau poster FFS sur la biodiversité du monde souterrain. Et pour ne pas perdre le contact, ils nous proposèrent de nous inscrire sur la liste « biospel » de la commission bio FFS. Nous étions tous repartis, ravis et munis de notre clé USB chargée de photos de nos discrets compagnons cavernicoles.

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

Aujourd’hui, grâce à ce stage, j’ajoute à ma connaissance des animaux de 10 à 14 pattes, les Crustacés (de la mer, Niphargus et cloporte sur/sous terre), des animaux à plus de 20 pattes les myriapodes dont les Chilopodes, les prédateurs, ceux qui ont une paire de pattes par segment, et les Diplopodes, ceux qui ont deux paires de pattes par segment (« pour courir plus vite que les prédateurs » m’explique Marcel). Par contre pour les oreilles des chauve-souris je n’ai pas tout saisi mais j’ai trouvé un site intéressant et ludique dont voici le lien http://www.gmb.asso.fr/PDF/CleDetermChssBretagne.pdf.

Crédit photos membres du stage, Aurélie, Marjorie, Bernard et Marcel

Catherine

STAGE BIOSPELEOLOGIE DE DECEMBRE 2015

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